L'hypothèse la plus connue laisserait entendre que des tribus de Mongolie et de Sibérie auraient, par petites bandes de chasseurs, émigré d'Asie par le détroit de Béring. À ce moment, le niveau de la mer devait être très bas, asséchant partiellement le détroit qui constituait une plaine d'environ 1000 kilomètres de largeur, permettant ainsi le passage entre les deux continents. Après le recul des glaciers (8000 ans avant notre ère) vers le pôle Nord, les autochtones seraient revenus dans le Nord repeupler une bonne partie du territoire nord-américain. Ils auraient peuplé tout le continent en longeant la côte du Pacifique jusqu'à la pointe méridionale de l'Amérique du Sud, où les Incas et les Aztèques, par exemple, ont créé de grands empires. D'autres groupes de chasseurs auraient remonté vers le nord jusqu'aux Grands Lacs et au-delà, se déployant jusqu'à l'océan Atlantique.
Ces populations mongoloïdes ont toujours été considérées comme les ancêtres de tous les Amérindiens actuels. Elles ont laissé des vestiges d'une culture baptisée «chasseurs de Clovis», du nom d'un village au Nouveau-Mexique où l'on a découvert, en 1932, des pointes de flèche et des outils taillés selon une technique bien particulière. Par la suite, on a trouvé des traces similaires dans des centaines d'autres sites dans le sud du Canada, aux États-Unis et jusqu'à Panama. Depuis longtemps, toute la préhistoire amérindienne repose sur ce double constat: le continent américain n'était habité que depuis 12 000 ans et tous les Amérindiens actuels descendaient nécessairement de ces peuples mongoloïdes venues d'Asie.